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Le rouge et le noir: chronique du XIXe siècle

by Stendhal

fr · ~715 min at 250 WPM

Le rouge et le noir suit l'ascension de Julien Sorel, fils d'un charpentier de Verrières, jeune homme pauvre, beau et dévoré d'ambition, qui voue un culte secret à Napoléon mais dissimule ses passions sous l'habit ecclésiastique. Précepteur chez les enfants du maire, M. de Rênal, il séduit la maîtresse de maison, puis quitte la province pour le séminaire de Besançon et enfin les salons parisiens, où il devient secrétaire du marquis de La Mole et s'éprend de l'altière Mathilde. Trahi par une lettre de Mme de Rênal au moment de toucher au but, Julien commet l'irréparable et marche vers l'échafaud.

Sous-titré « chronique du XIXe siècle », le roman dresse le portrait acéré de la France de la Restauration, rongée par l'hypocrisie sociale, l'arrivisme et le conflit des classes. Stendhal y scrute l'âme d'un héros déchiré entre l'orgueil et la tendresse, sondant avec une finesse inégalée les mécanismes du désir, de l'ambition et de la sincérité. Chef-d'œuvre du réalisme naissant, il demeure une méditation brûlante sur la liberté individuelle face à une société qui l'étouffe.

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How it begins

La petite ville de Verrières peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges s'étendent sur la pente d'une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées. Verrières est abritée du côté du nord par une haute montagne, c'est une des branches du Jura. Les cimes brisées du Verra se couvrent de neige dès les premiers froids d'octobre. Un torrent, qui se précipite de la montagne, traverse Verrières avant de se jeter dans le Doubs et donne le mouvement à un grand nombre de scies à bois; c'est une industrie fort simple et qui procure un certain bien-être à la majeure partie des habitants plus paysans que bourgeois. Ce ne sont pas cependant les scies à bois qui ont enrichi cette petite ville. C'est à la fabrique des toiles peintes, dites de Mulhouse, que l'on doit l'aisance générale qui, depuis la chute de Napoléon a fait rebâtir les façades de presque toutes les maisons de Verrières. A peine entre-t-on dans la ville que l'on est étourdi par le fracas d'une machine bruyante et terrible en apparence.

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