Les misérables Tome I: Fantine
Avec ce premier tome, Victor Hugo ouvre sa vaste fresque par le portrait de monseigneur Bienvenu Myriel, évêque de Digne, homme de charité dont la bonté va éclairer le destin d'un autre. Car au cœur de Fantine surgit Jean Valjean, ancien forçat libéré après dix-neuf ans de bagne pour un pain volé. Rejeté de tous, transformé par l'accueil de l'évêque, il refait sa vie sous un faux nom et devient maire respecté. Mais le passé le traque, tandis que Fantine, ouvrière déchue et mère sacrifiée, sombre dans la misère pour sauver sa fille Cosette.
Ce roman interroge la justice, la rédemption et la responsabilité de la société envers les déshérités. Hugo dénonce une loi qui punit la pauvreté plutôt que de la secourir, et oppose à l'implacable inspecteur Javert la possibilité du pardon. Œuvre fondatrice, Fantine demeure un appel intemporel à la compassion humaine.
How it begins
Quoique ce détail ne touche en aucune manière au fond même de ce que nous avons à raconter, il n'est peut-être pas inutile, ne fût-ce que pour être exact en tout, d'indiquer ici les bruits et les propos qui avaient couru sur son compte au moment où il était arrivé dans le diocèse. Vrai ou faux, ce qu'on dit des hommes tient souvent autant de place dans leur vie et surtout dans leur destinée que ce qu'ils font. M. Myriel était fils d'un conseiller au parlement d'Aix; noblesse de robe. On contait de lui que son père, le réservant pour hériter de sa charge, l'avait marié de fort bonne heure, à dix-huit ou vingt ans, suivant un usage assez répandu dans les familles parlementaires. Charles Myriel, nonobstant ce mariage, avait, disait-on, beaucoup fait parler de lui. Il était bien fait de sa personne, quoique d'assez petite taille, élégant, gracieux, spirituel; toute la première partie de sa vie avait été donnée au monde et aux galanteries. La révolution survint, les événements se précipitèrent, les familles parlementaires décimées, chassées, traquées, se dispersèrent. M. Charles Myriel, dès les premiers jours de la révolution, émigra en Italie. Sa femme y mourut d'une maladie de poitrine dont elle était atteinte depuis longtemps. Ils n'avaient point d'enfants. Que se passa-t-il ensuite dans la destinée de M. Myriel?
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