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Esprit des lois / livres I à V, précédés d'une introduction de l'éditeur

by baron de Charles de Secondat Montesquieu

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De l'Esprit des lois rassemble les cinq premiers livres du chef-d'œuvre de Montesquieu, précédés d'une introduction de Paul Janet qui retrace la genèse de l'œuvre à travers les Lettres persanes et la Grandeur et décadence des Romains. Dans ces premiers livres, l'auteur pose les fondements de sa science politique : il définit la loi comme le rapport nécessaire qui dérive de la nature des choses, distingue les trois formes de gouvernement — république, monarchie, despotisme — et associe à chacune un principe moteur : la vertu, l'honneur, la crainte. L'appendice réunit des extraits choisis et des notes explicatives destinés à éclairer le lecteur.

Œuvre maîtresse du siècle des Lumières, l'Esprit des lois inaugure une méthode comparative qui relie lois, mœurs, climats et institutions. Sa hantise du despotisme et sa réflexion sur la modération du pouvoir ont nourri le constitutionnalisme moderne et la pensée de la liberté politique, faisant de Montesquieu l'égal d'Aristote.

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Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée. Le texte de la note 89 a été adapté à ce livre électronique. MONTESQUIEU ESPRIT DES LOIS LIVRES I-V PRÉCÉDÉS D'UNE INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR et suivis d'un Appendice CONTENANT DES EXTRAITS DE MONTESQUIEU et des Notes explicatives PAR PAUL JANET MEMBRE DE L'INSTITUT PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES LETTRES DEUXIÈME ÉDITION PARIS LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE 15, RUE SOUFFLOT, 15 1892 DE L'ESPRIT DES LOIS INTRODUCTION [1] Le plus grand livre du xviii e siècle, sans aucun doute, est l' Esprit des lois ; et même, dans l'histoire de la science politique, le seul ouvrage qui lui soit comparable (j'ose à peine dire supérieur), pour l'étendue du plan, la richesse des faits, la liberté des investigations et la force des principes, est la Politique d'Aristote. Machiavel [2] avait peut-être autant de profondeur et de sagacité que Montesquieu, mais il connaissait trop peu de faits, et d'ailleurs son esprit corrompu ne lui permettait pas de s'élever jamais bien haut; enfin il n'a pas, au même degré qu'Aristote ou Montesquieu, le don supérieur de la généralisation. Quant à Grotius et Bodin [3] , quelque juste estime qu'on leur doive, il n'entrera jamais, je crois, dans l'esprit de personne de les comparer, pour la portée des vues et du génie, à l'auteur de l' Esprit des lois .

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