L'île mystérieuse
Sur les flots déchaînés du Pacifique, en mars 1865, cinq prisonniers nordistes s'évadent de Richmond en ballon, emportés par un ouragan monstrueux qui les jette sur une île déserte et inconnue. L'ingénieur Cyrus Smith, le marin Pencroff, le reporter Gédéon Spilett, le jeune Harbert, le fidèle Nab et le chien Top doivent tout reconstruire à partir de rien. Grâce au savoir et à l'énergie de Smith, la colonie maîtrise le feu, la poterie, le fer, l'électricité et fait de cette terre hostile un foyer prospère. Mais une présence mystérieuse semble veiller sur eux, les sauvant aux instants critiques.
Hymne au travail, à la science et à la solidarité, ce roman célèbre l'ingéniosité humaine capable de dompter la nature par la raison et la persévérance. Verne y mêle aventure, robinsonnade et énigme, tout en rattachant son récit à ses œuvres précédentes. Son éloge du progrès et de la fraternité continue de fasciner les lecteurs.
How it begins
Telles sont les paroles qui éclataient en l'air, au-dessus de ce vaste désert d'eau du Pacifique, vers quatre heures du soir, dans la journée du 23 mars 1865. Personne n'a sans doute oublié le terrible coup de vent de nord-est qui se déchaîna au milieu de l'équinoxe de cette année, et pendant lequel le baromètre tomba à sept cent dix millimètres. Ce fut un ouragan, sans intermittence, qui dura du 18 au 26 mars. Les ravages qu'il produisit furent immenses en Amérique, en Europe, en Asie, sur une zone large de dix-huit cents milles, qui se dessinait obliquement à l'équateur, depuis le trente-cinquième parallèle nord jusqu'au quarantième parallèle sud! Villes renversées, forêts déracinées, rivages dévastés par des montagnes d'eau qui se précipitaient comme des mascarets, navires jetés à la côte, que les relevés du Bureau-Veritas chiffrèrent par centaines, territoires entiers nivelés par des trombes qui broyaient tout sur leur passage, plusieurs milliers de personnes écrasées sur terre ou englouties en mer: tels furent les témoignages de sa fureur, qui furent laissés après lui par ce formidable ouragan. Il dépassait en désastres ceux qui ravagèrent si épouvantablement la Havane et la Guadeloupe, l'un le 25 octobre 1810, l'autre le 26 juillet 1825. Or, au moment même où tant de catastrophes s'accomplissaient sur terre et sur mer, un drame, non moins saisissant, se jouait dans les airs bouleversés.
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