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Dictionnaire d'argot fin-de-siècle

by Charles Virmaître

fr · ~380 min at 250 WPM

Pour écrire ce dictionnaire, Charles Virmaître affirme avoir fréquenté lui-même les milieux qu'il décrit, de l'atelier aux bouges les plus sordides, afin de recueillir « sur le vif » la langue verte de la fin du XIXe siècle. L'ouvrage rassemble ainsi, par ordre alphabétique, des centaines de termes et locutions d'argot — ceux des voleurs, des prostituées, des cabarets et des bas-fonds parisiens — avec leurs définitions, leurs origines et leurs usages. Préfacé dans l'esprit de Francisque Sarcey, il se veut un témoignage cru, sans pudibonderie, opposé aux recueils plus savants mais édulcorés de ses prédécesseurs.

Au-delà du simple lexique, le livre interroge la mobilité d'une langue qui se déforme et se renouvelle sans cesse, échappant à ceux qui prétendent la fixer. Virmaître y dévoile tout un monde parallèle, sa morale, sa psychologie et sa révolte sourde contre la société bourgeoise. Document linguistique et sociologique à la fois, il vaut comme une plongée pittoresque et sans fard dans le Paris populaire et criminel d'une époque révolue.

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How it begins

Pour écrire mes précédents ouvrages, j’ai dû vivre dans ces milieux, depuis l’atelier jusqu’aux bouges les plus infects, inconnus des chercheurs, et où, d’ailleurs, nul n’oserait s’aventurer sans danger. C’est donc un Dictionnaire vécu, étudié sur le vif. S’il n’est pas aussi savant que ceux de MM. Jean Rigaud, Alfred Delvau et Lorédan Larchey, il a au moins le mérite de n’être pas fantaisiste; il n’est pas l’écho atténué par une pudibonderie par trop Bérengeriste des expressions en usage depuis des siècles. Des dames à un certain bal célèbre, mirant leur chemise au vestiaire, j’ai fait comme elles, ce sera moins beau sûrement, mais c’est aussi nature. TO BE OR NOT TO BE Veuillez agréer, mon cher Maître, mes remerciements et l’expression de mes sentiments de confraternité. CH. VIRMAITRE. Mon cher Confrère, Vous m’avez fait grand plaisir en vous souvenant du goût que j’ai toujours montré pour les études de linguistique. J’aime les locutions d’argot, dont beaucoup sont très pittoresques; au lieu de les proscrire toutes, comme font les dégoûtés, nous devrions avoir à cœur de choisir les plus expressives et de les introduire dans la conversation de la bonne compagnie, d’où elles passeraient dans le Dictionnaire de l’Académie, qui leur donnerait ainsi leurs lettres de naturalisation. Je vous remercie et vous serre la main. FRANCISQUE SARCEY.

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